De la théorie

Je voudrais laisser ici quelques réflexions concernant la « théorie », et notament le rapport théorie-pratique, tant controversé.

La théorie n’est pas un phénomène en soi, elle est langage, un ensemble de signifiants créés pour faciliter la communication entre professionnels et qui cherchent à décrire de la façon la plus précise possible des phénomènes restés jusqu’à alors inexplicables et innomables. Ainsi, elle ne peut être dissociée de la pratique, puisque son but est justement celui de donner un sens à cette pratique, au monde, à l’expérience, aux objets et aux rapports entre eux. Le fossé entre théorie et pratique n’existe pas, la relation entre les deux est fondamentalement dialectique, l’un n’existe pas sans l’autre puisque le premier est la traduction en représentations du deuxième.

Tout clinicien est un théoricien, obligé de réinventer sa théorie à chaque nouvelle rencontre avec le patient. La théorie est un de ses outils pour comprendre et donner un sens à la clinique, la rendre accessible, familière (à l’inverse de la sensation « d’inquiétante étrangeté » issue du non-sens).

Le problème surgit là où la théorie devient une arme contre la clinique, un bouclier défensif qui vient briser le lien entre les deux. Dans ce càs la théorie devient corps imperméable, qui s’auto-alimente et acquiert une existence étrangère à toute réalité tangible.

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Duarte Rolo 

Une réponse à “De la théorie”

  1. « Par la pratique en général nous entendons tout processus de transformation d’une matière première donnée déterminée en un produit déterminé, transformation effectuée par un travail humain déterminé, utilisant des moyens déterminés (…).
    La théorie n’est définie que comme une forme spécifique de la pratique sociale. Elle travaille sur des concepts, représentations, faits, donnés par d’autres pratiques. »

    Louis Althusser.

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